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Jacqueline de Dijon
Jacqueline de Dijon

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Jacqueline de Dijon



Description


Une des recettes de la ville de Dijon, la Jacqueline ! Mais quelle gourmandise se cache sous ce prénom ? Voyons ça : une coque en meringue, un cœur fondant aromatisé au choix, à la praline, à la nougatine, au café et au cassis. Ah, le cassis ! Fleuron de la cuisine dijonnaise : celui produit dans la région s'appelle « Noir de Bourgogne ». Et il va particulièrement bien à cette gourmandise !

Histoire


En haut de l'église Notre-Dame de Dijon, le jacquemart et sa moitié, la Jacqueline, sonnent les heures ! Et oui, notre confiserie rend hommage à cette petite bonne femme, véritable symbole de la ville. Mais attendez un peu de voir son histoire... Le jacquemart se trouve mentionné pour la première fois en 1458 dans les cahiers de comptes de la ville. Un nom qui ensuite va servir pour désigner tous ces automates munis de marteaux qui sonnent les heures en haut de leur beffroi. Quant à savoir d'où vient son nom, mystère... On a souvent voulu qu'un certain horloger flamand, Jacques Mart, lui ai donné son nom ! Ou peut-être doit-on creuser du côté de la « jacque de maille », qui désigne une sorte de cotte de maille ?

En tout cas, le jacquemart de Dijon se trouvait à l'origine dans la ville de Courtrai, en Flandres. Voilà la situation : les Flamands se révoltent contre le comte de Flandres Louis de Male, en 1382. Le roi Charles VI et le duc de Bourgogne Philippe le Hardi lèvent aussitôt une armée pour aller à son secours. Ils défont vite fait bien fait les Flamands à Rosebecque et le roi de France ordonne alors, vous savez quoi ? De rendre les éperons d'or des chevaliers français morts ici en 1312 ! Les vaincus refusent, résultat : le roi brûle et pille la ville. Mais avant que tout ne flambe, le Hardi récupère le jacquemart du beffroi ! Maintenant, direction Dijon ! Le grand chroniqueur Froissart écrit :

Le duc de Bourgogne fit ôter une horloge qui sonnait les heures, l'une des plus belles qu'on put trouver deçà et delà mer ; et de cette horloge fit tout mettre par membres et pièces sur charrette et la cloche aussi. Laquelle horloge fut amené et charroyé en la ville de Dijon en Bourgogne, et fut là remis et assis, et y sonne les heures, 24 entre jours et nuits.


La cloche ayant été brisée pendant le voyage, il faut la refondre. Il faut aussi s'occuper du mécanisme de l'horloge, qui coûta très cher, à tel point que le duc de Bourgogne, les évêques, les fidèles et même les Juifs dijonnais ont dû donner pour le payer ! On restaure souvent l'horloge tout au long du XIVe et du XVe siècle. En 1500, on installe le nouveau jacquemart (en bois de noyer, d'un mètre de haut, armé et habillé à la manière d'un soldat). Le voilà qui peut entrer dans l'histoire : un poète de la région, Jean Changenet (fin du XVe siècle), lui écrit un poème, le Mariage de Jacquemart :

Jacquemart de rien ne s'étonne. Le froid de l'hiver, de l'automne, le chaud de l'été, du printemps, ne l'ont su rendre mécontent... »


Et peu de temps après (vers la fin du XVIe siècle) on trouve une petite compagne à notre sonneur de cloches : la Jacqueline ! En 1715, le poète dijonnais Aimé Piron fait une requête par écrit « aux messieurs de la ville de Dijon », signée de la main du couple de bois. Que veulent-ils ? Des enfants ! C'est vrai que le vieux couple aurait bien besoin de petites mains pour les aider à sonner les heures... On leur donnera un fils quelques années plus tard  : Jacquelinet, « dont le marteau frappe la dindelle ». En 1884, Jacquelinette les rejoint pour sonner les quarts d'heure. Si vous voulez en savoir plus, Gabriel Peignot a sorti un petit livre en 1833, Histoire de l'illustre Jacquemart de Dijon : détails historiques, instructifs et amusants sur ce haut personnage domicilié en plain air.